Dans l’exercice de notre profession, nous avons bien souvent à faire face à des situations complexes qu’il faut savoir gérer.
Au delà du ménage, l’accompagnement des bénéficiaires peut passer par le mieux comprendre une personne désorientée. Les intervenantes ne sont pas forcément formées pour des prestations dans un cadre de vie où il faut gérer la complexité d’une situation de fragilité vis à vis d’un bénéficiaire.
A partir de recherches visant à améliorer cette relation qui prend de plus en plus de place dans l’aide à domicile, la validation affective de Naomi Feil est une approche intéressante.
http://vivre-alzheimer.fr/validation-naomi-feil/
Que faire?
Écouter et reformuler:
- Questionner simplement sur ce qu’il se passe pour la personne (Qui? Quoi? Où? Quand? Comment?)
- Reconnaître, valider l’émotion ressentie: accueillir la parole sans la corriger, montrer que l’on a compris le ressenti, se centrer sur le vécu émotionnel plutôt que sur les faits.
Éviter de:
- Confronter la personne à la réalité factuelle pour ne pas augmenter l’anxiété, ne pas renforcer la détresse et fragiliser la relation.
- Poser la question « Pourquoi? » qui exige des capacités analytiques souvent altérées, place la personne en position de justification, augmente la frustration et agitation.
- Ignorer ou minimiser l’émotion. Les « Ce n’est rien », « Vous exagérez », Il ne faut pas pleurer », renforce la détresse.
- Chercher à corriger ou à réorienter à tout prix. Cela revient à nier le vécu de la personne.
L’objectif de la technique de validation affective de Naomi Feil est de préserver l’estime de soi en maintenant la dignité, de renforcer un sentiment de sécurité et soutenir la communication verbale et émotionnelle.
Une personne désorientée est un individu à part entière dont l’apaisement émotionnel doit être favorisé. Ce qui permet de maintenir le lien relationnel, d’éviter l’isolement ou un repli sur soi.
Témoignage d’une intervenante qui intervient dans l’aide au coucher d’une bénéficiaire qui souffre de la maladie du corps de Lewy:
« Cette dame a des manifestations d' »irréels » que son cerveau crée. Cela l’angoisse beaucoup. Quand j’arrive, elle me dit son soulagement car elle peut en parler, extérioriser ce qui la ronge. Je lui dis que je la crois même si je ne les vois pas. Je lui rappelle qu’il n’y a que nous. Que c’est sa maladie qui est responsable de tout ça. Elle sait que je ne la jugerai pas, que je reconnais le déferlement de ses émotions. elle se sent rassurée, protégée, sécurisée. »
Notre métier est en perpétuel changement, une adaptation à notre mission d’aide à domicile en relation avec les autorités médicales compétentes: maintenir les bénéficiaires plus fragilisés chez eux. Nos intervenants(es) doivent être vigilants(es).
Une vision qui fait corps chez Aquarelle service Guadeloupe.